5. Deutsch-französische Sommeruniversität Saarbrücken–Nantes H2O: Wasser, Leben, Erleben – eau, source, ressource (2)

Témoignage d’une angevine

Erfahrungsbericht von Aude Zingraff-Hamed

L’atlantique français et plus particulièrement la ville de Nantes fut la deuxième étape de notre université d’été. Cité d’art et d’histoire, elle a éveillé de nombreux débats au sein des français qui s’enflammaient autour du sujet : « Nantes est-elle capitale de la Bretagne ? ». Les discutions très dynamiques et passionnelles qui en découlèrent ont laissé nos compatriotes allemands interloqués et bouche bée. Quelle surprise fut la leur, de découvrir la France, connue comme centrale, à l’opposition de l’Allemagne fédérale, sous un visage nouveau ; celui du régionalisme. Ils ont toutefois fini par se mêler au débat et nous étions tous d’accord sur un point : Nantes est une ville accueillante et agréable.
Notre arrivée en France a été chaleureusement orchestrée par le Centre Culturel Franco-Allemand de Nantes et plus particulièrement par M. Chateigner qui a accueilli notre groupe en soulignant son dynamisme, sa synergie et son unité. Un buffet de multiples miniatures riches en couleurs et saveurs nous a permis d’apprécier la gastronomie française qui contrastait avec les saucisses grillées qui nous furent offertes lors de notre arrivée à Sarrebruck. L’assemblée d’officiels réunie pour l’occasion nous a chaleureusement saluée et la salle raisonnait de : « vous êtes français ou allemands ou peut-être les deux, mais vous êtes avant tout de vrais européens ».
Notre première journée d’activité en France a été l’occasion de découvrir l’île de Nantes puis la côte atlantique et plus particulièrement les marais salants de Guérande. L’île nantaise est le symbole du renouveau des rives de Loire. La métropole s’était détournée du fleuve qui la parcourt. Les politiques s’engagent dans une reconquête fluviale. Lors de la visite, notre guide a souligné l’importance des « façades tournées vers le fleuve ». Cette remarque étonna l’assemblée. C’est pourtant traditionnellement le cas dans toutes les villes fluviales ou côtières. Nantes s’oriente-t-elle donc vers une normalisation ? De nombreux débats en interne ont aussi mis le doigt sur l’impact écologique du projet de faire de l’île de Nantes un quartier artistique. L’exemple le plus marquant de notre réflexion fut le pont de l’île menant au palais de justice. Par un mécanisme électrique, il monte et descend afin de simuler l’effet des marées. Lorenz nous demanda ironiquement : « La dépense énergétique vaut-elle vraiment l’effet ? ».
La visite des marais salants nous a permis d’observer un paysage culturel souvent catalogué à tort sous l’étiquette de paysage naturel.
Notre deuxième journée a été marquée par des conférences. Dans un premier temps, Eric Lemerle nous a présenté les « conflits et divergences autour de la maîtrise de l’eau dans l’estuaire de la Loire ». L’ensemble de l’assemblée a été choquée de constater la lourdeur des travaux qui ont été réalisés et accablée par les répercussions écologiques et la mise en danger de la ressource en eau douce. Les erreurs passées ont soulevé l’audience qui mit en avant un plan de sauvetage basé sur le retour à l’état « naturel » de la rivière. Certains d’entre nous le contestèrent par son impossibilité et Ahmed a soulevé le questionnement « Est-ce que le désir d’un retour perpétuel ne serait pas l’application facilité d’un non progrès ? ». Dans un second temps, Alain Clément nous a informés de ses recherches sur les « énergies marines ». Le potentiel de l’océan a suscité l’admiration des participants. Les turbines en mer utilisant la force marémotrice, hydrolienne ou houlomotrice sont une véritable nouveauté et le concept a été accueilli avec soutien par l’assemblée. Les participants émettent cependant une réserve. L’impact sonore de l’énergie bleue sur les grands cétacés étant encore incertain, les projets se heurtent aux protecteurs de la nature. Ils seraient pourtant une base solide en faveur de la mise en place de ces turbines. On aurait tort de les considérer comme des détracteurs parce qu’ils veulent minimiser les aspects néfastes. La journée s’est clôturée par un tournoi du sport national : la pétanque. L’expérience a séduit l’ensemble des participants.
La dernière conférence porta sur « notre alimentation en eau potable : qualité, quantité, sécurité ». Alcime Le Guennic nous a présenté l’état et les challenges de l’approvisionnement en eau potable des villes de Nantes à Saint Nazaire. La ressource en eau douce est une des plus importantes pour l’humanité. Elle nous a pourtant semblé laissée pour compte au profit d’autres secteurs. La qualité de l’eau est mise en danger par l’agriculture trop riche en nitrates et les aménagements économiques qui causent l’augmentation de la salinité de l’eau du fleuve aux environs de Nantes.

L’université d’été s’est clôturée très rapidement. Chacun est reparti dans sa ville avec dans sa valise de nouvelles connaissances et un carnet d’adresse rempli. Nous remercions chaleureusement les organisateurs et les intervenants. À tous ceux qui hésite, n’hésitez plus ! L’université d’été franco-allemande, c’est une expérience humaine, culturelle et scientifique à vivre absolument.

Aude Zingraff-Hamed est étudiante de l’Agrocampus Ouest et de l’Université d’Angers

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